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Les performances boursières africaines du début 2026

Au début de l’année 2026, les marchés boursiers africains connaissent une période de forte volatilité, marquée par des hausses spectaculaires alimentées par des résultats d’entreprises exceptionnels dans les secteurs des télécommunications, des mines et de la banque. Cette dynamique reflète à la fois la résilience des grandes capitalisations africaines et l’appétit croissant des investisseurs pour les actifs du continent, malgré un contexte mondial incertain. Les performances enregistrées en février 2026 témoignent d’un repositionnement stratégique des marchés africains, où les valeurs de croissance et les entreprises à forte intensité de capital dominent les échanges.

L’un des événements les plus marquants est la performance d’AngloGold Ashanti, qui a annoncé un quasi-triplement de son bénéfice annuel 2025, atteignant 2,725 milliards de dollars contre 954 millions en 2024. Cette envolée est portée par des prix de l’or historiquement élevés — avoisinant les 5 000 dollars l’once en février 2026 — et une hausse de 16 % de la production. La société a également déclaré un dividende record de 1,8 milliard de dollars, renforçant la confiance des investisseurs et consolidant sa position parmi les leaders du Johannesburg Stock Exchange (JSE). Cette performance illustre l’impact direct du boom des matières premières sur les marchés sud-africains, où les valeurs minières jouent un rôle central dans la stabilité des comptes extérieurs et dans l’attractivité du marché.

Au Nigeria, MTN Nigeria a retrouvé en février 2026 son statut de première capitalisation du Nigerian Exchange (NGX), atteignant 16,37 trillions de nairas. Cette remontée spectaculaire s’explique par l’annonce d’un dividende intérimaire de 5 nairas, marquant un retour à la distribution après les suspensions de 2022. La confiance des investisseurs s’est renforcée, entraînant une hausse généralisée des valeurs de premier plan. Le NGX All-Share Index a ainsi progressé de 4,3 % en une seule semaine, portant ses gains cumulés depuis le début de l’année à près de 28 %. Cette dynamique confirme le rôle moteur des télécommunications et des biens de consommation dans la croissance du marché nigérian, malgré les défis macroéconomiques persistants.

Au Kenya, Safaricom a publié des résultats semestriels impressionnants, avec une croissance de 191,5 % de son bénéfice net, atteignant 29,2 milliards de shillings. Le titre a dépassé les 31 shillings pour la première fois depuis 2022, même si l’entreprise a choisi de ne pas proposer de dividende intérimaire. Cette décision n’a pas freiné l’intérêt des investisseurs, car le marché kenyan montre une préférence croissante pour les entreprises offrant des dividendes réguliers. L’exemple d’EABL, dont l’annonce de dividendes a entraîné une hausse de 5,4 % du cours en janvier 2026, illustre cette tendance. Le Nairobi Securities Exchange (NSE) se positionne ainsi comme un marché où la stabilité des flux de trésorerie et la discipline financière sont particulièrement valorisées.

Dangote Cement, géant industriel du Nigeria, continue de dominer le paysage boursier ouest-africain. Avec une croissance de 166,3 % de son bénéfice net sur les neuf premiers mois de 2025, atteignant 743,3 milliards de nairas, l’entreprise confirme sa solidité financière. Le 18 février 2026, elle est devenue la première société à émettre un papier commercial sur le NGX, levant 119,87 milliards de nairas pour renforcer la profondeur du marché obligataire nigérian. Cette initiative marque une étape importante dans le développement des marchés de capitaux africains, où la diversification des instruments financiers devient essentielle pour attirer les investisseurs institutionnels et soutenir les besoins de financement des grandes entreprises.

Les tendances observées en février 2026 montrent également une évolution des préférences sectorielles. En Afrique du Sud, la flambée des prix de l’or a renforcé la confiance sur le JSE, où les valeurs minières comme Gold Fields et AngloGold figurent parmi les plus fortes capitalisations. Au Maroc, Attijariwafa Bank continue de se distinguer comme l’une des principales valeurs financières du continent, avec une capitalisation dépassant 15 milliards de dollars. Ces performances témoignent de la montée en puissance des institutions financières africaines dans un environnement où la stabilité bancaire et la capacité d’expansion régionale deviennent des facteurs clés de valorisation.

Pour les décideurs africains, ces évolutions soulignent plusieurs enjeux stratégiques. D’abord, la nécessité de renforcer la profondeur et la liquidité des marchés financiers afin de soutenir la croissance des entreprises locales et d’attirer davantage de capitaux internationaux. Ensuite, l’importance de développer des cadres réglementaires favorisant l’innovation financière, notamment dans les domaines des produits dérivés, des obligations d’entreprise et des instruments de dette à court terme. Enfin, la volatilité persistante des marchés rappelle l’urgence de diversifier les économies africaines, encore trop dépendantes des matières premières et vulnérables aux chocs externes.

L’année 2026 s’annonce donc comme une période charnière pour les marchés financiers africains. Les performances exceptionnelles de certaines entreprises montrent que le continent dispose d’acteurs capables de rivaliser sur la scène mondiale. Mais pour transformer ces succès ponctuels en croissance durable, les États devront poursuivre les réformes structurelles, moderniser les infrastructures financières et renforcer la confiance des investisseurs. L’Afrique a l’opportunité de consolider sa place dans l’économie mondiale, à condition de capitaliser sur cette dynamique et de bâtir des marchés financiers plus intégrés, plus innovants et plus résilients.

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